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Quand faut-il s’inquiéter des fissures sur les murs ?

fissure sur un mur

19 janv. 2026

Une fissure dans une maison n’est pas toujours grave. Apprenez à reconnaître le type de fissure, évaluer une fissure sur un mur intérieur ou une façade, les surveiller, les réparer et mobiliser l’assurance habitation.

En bref

Une fissure mur n’est pas systématiquement synonyme de danger : beaucoup de fissures sont superficielles et relèvent surtout de l’esthétique. En revanche, il faut s’inquiéter si la fissure sur un mur s’élargit rapidement, dépasse 2 mm, traverse la paroi, apparaît en fissure en escalier, ou s’accompagne d’autres signaux (craquements, humidité, portes qui coincent). Dans ces cas, évitez de reboucher une fissure trop vite : l’enjeu est d’abord d’évaluer l’évolution, d’identifier la cause (fondation, sol argileux, affaissement, défauts de construction) et, si nécessaire, de faire appel à un expert pour protéger la structurel de l’habitation et envisager les réparations adaptées.

Vous avez remarqué des fissures sur les murs de votre maison ? Cette découverte peut inquiéter, surtout lorsque l’apparition de fissures semble soudaine ou s’intensifie après des épisodes de sécheresse. Ces dernières années, le retrait-gonflement des argiles a accentué le phénomène et a contribué à une sinistralité record estimée à près de 3,5 milliards d’euros en 2022.

La bonne nouvelle, c’est que toutes les fissures ne se valent pas. La plupart des fissures restent sans danger, notamment lorsqu’il s’agit de microfissures discrètes sur un mur intérieur. L’objectif est donc de savoir reconnaître le type de fissure, de comprendre pourquoi les fissures apparaissent, puis d’adopter les bons réflexes pour surveiller, évaluer et, si besoin, réparer les fissures sans aggraver la situation.

Identifier les différents types de fissures

Avant toute décision, un principe simple : observer une fissure, la décrire, puis la classer. Les fissures se distinguent d’abord par leur largeur. Les microfissures mesurent moins de 0,2 mm et restent généralement superficielles. Les fissures, au sens courant, se situent entre 0,2 mm et 2 mm. Au-delà, on parle de lézardes ou crevasses, avec un risque plus élevé pour la structure de la maison, surtout si la fissure est profonde ou traversante.

La forme et l’orientation apportent ensuite des indices très concrets :

  1. Fissure en escalier : elle suit les joints de maçonnerie en zigzag, souvent sur un mur en parpaing. Les fissures en escalier peuvent indiquer un mouvement du bâti et un problème structurel, parfois lié aux fondations.

  2. Fissures verticales : elles apparaissent fréquemment aux jonctions de matériaux ou de blocs. Quand elles gagnent en largeur, elles peuvent signaler un désordre de fondation ou un affaissement localisé.

  3. Fissures horizontales : elles orientent plutôt vers une faiblesse au niveau des planchers, d’un chaînage, ou d’un effort mal repris par le mur porteur.

  4. Fissures “en moustache” : elles partent des angles des ouvertures (portes, fenêtres). Elles traduisent souvent des tensions dans la maçonnerie.

  5. Fissures obliques : elles résultent d’efforts combinés, parfois liés à des mouvements différentiels du sol.

  6. Fissures traversantes : visibles sur les deux faces d’un mur extérieur ou d’un mur intérieur, elles concernent directement la structure de la maison et demandent une attention particulière.

Enfin, le contexte compte : une maison neuve peut présenter des fissures fines liées au tassement naturel des premières années. Une maison ancienne, avec des matériaux hétérogènes (mur en pierre, enduits anciens), peut montrer des fissures à l’intérieur qui n’impliquent pas toujours une défaillance, mais qui méritent d’être suivies si la fissure évolue.

Comprendre les causes possibles d’une fissure sur un mur

Pourquoi une fissure dans une maison apparaît-elle, sur un mur intérieur ou sur la façade ? Les causes des fissures sont multiples, et elles peuvent être cumulatives. L’essentiel est d’identifier ce qui fait “travailler” le bâti.

Le tassement naturel est une cause fréquente, surtout en maison neuve : la structure se met en place, les matériaux se stabilisent, et des microfissures peuvent apparaître. On les retrouve parfois au mur et plafond, ou le long de raccords d’enduits.

Le retrait-gonflement des argiles constitue une cause majeure en zone argileuse : les sols argileux se contractent en période sèche puis regonflent avec l’humidité. Ces mouvements sollicitent les fondations et peuvent provoquer une fissure sur un mur, notamment en façade. Sur sol argileux, le risque de fissures augmente si la végétation proche, les variations d’humidité ou des fuites modifient l’équilibre du terrain.

Les problèmes de fondation (fondation trop superficielle, mal dimensionnée, hétérogène) peuvent aussi expliquer des fissures sur les murs, particulièrement quand la fissure s’ouvre, se prolonge, ou se multiplie. Dans ce cas, l’affaissement peut être progressif et la fissure mur devient un symptôme d’un désordre plus profond.

Les variations thermiques jouent également : dilatation et contraction des matériaux, surtout sur les façades extérieures exposées, finissent par créer des fissures sur la façade, parfois en réseau ou le long d’anciens joints.

L’humidité fragilise la maçonnerie : infiltrations, remontées capillaires, fuites de canalisations. Une fissure mur peut alors s’accompagner de taches, de salpêtre, d’un enduit qui se décolle. L’humidité peut aussi faire évoluer une fissure existante.

Les défauts de construction (matériaux, absence de joints de dilatation, conception, mise en œuvre) sont une autre piste. Une fissure sur un mur peut alors se manifester tôt et se répéter à des endroits “logiques” (angles, jonctions, linteaux).

Quand et comment réagir face à une fissure inquiétante

La question n’est pas seulement “ai-je une fissure ?”, mais bien “comment savoir si une fissure est préoccupante ?”. Pour évaluer, on cherche des signaux d’alerte et on observe l’évolution.

Une fissure devient plus inquiétante lorsque :

  • la largeur augmente, surtout si la fissure dépasse 2 mm ;

  • la fissure est traversante, ou visible à la fois à l’intérieur de votre maison et sur les façades ;

  • la fissure en escalier apparaît ou s’étend (les fissures en escalier peuvent indiquer une désolidarisation de la maçonnerie) ;

  • de nouvelles fissures apparaissent, ou les fissures dans la maison se multiplient ;

  • vous entendez des craquements, observez une humidité croissante, ou des éléments qui bougent ;

  • portes, fenêtres, ou cloisons se déforment, ce qui peut concerner un mur porteur.

Avant de réparer, retenez une règle : ne rebouchez jamais une fissure suspecte sans diagnostic. Reboucher une fissure trop tôt masque l’évolution et complique l’analyse. La bonne approche consiste à documenter et surveiller.

  1. Mesurez : notez la largeur, la longueur, la localisation (mur intérieur, mur extérieur, façade, mur porteur), et la date d’observation.

  2. Suivez l’évolution : posez des témoins en plâtre ou un fissuromètre pour les surveiller et objectiver la progression.

  3. Réagissez selon le cas : si une fissure dépasse 2 mm, si la fissure est profonde, traversante ou en escalier, vous pouvez faire appel à un expert en bâtiment. Faire appel à un expert permet d’identifier l’origine (fondation, sol argileux, affaissement, structurel) et de prioriser les actions.

Côté assurance habitation, une prise en charge est possible si une catastrophe naturelle est reconnue (par exemple après sécheresse). Vous disposez de 10 jours après publication de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer le sinistre. Une franchise légale de 1 520 € reste à votre charge. Le texte d’origine mentionne également un assouplissement des critères depuis 2024 et une aide expérimentale pouvant atteindre 15 000 € dans certains départements, couvrant jusqu’à 90 % du diagnostic de vulnérabilité et 80 % des travaux. Selon votre situation, il peut être utile de vérifier votre éligibilité et de conserver toutes les preuves de l’évolution des fissures.

Comment réparer une fissure sans se tromper

Comment réparer dépend directement du type de fissure : une microfissure n’appelle pas la même réponse qu’une fissure structurel. Les fissures passives (stables) se traitent souvent avec des solutions de finition, tandis que les fissures actives (évolutives) nécessitent une approche plus technique.

Pour des fissures fines et stables, sur un mur intérieur :

  • nettoyage et préparation du support ;

  • calfeutrement au mastic acrylique ou application d’un enduit adapté ;

  • ponçage et finition (peinture, revêtement).

Pour une fissure sur un mur plus marquée, ou une fissure dans les murs en façade, on peut recourir à un mortier de réparation, à un traitement du revêtement extérieur, ou à une reprise d’enduit armé si le support l’exige.

En revanche, lorsque les fissures peuvent traduire un problème de fondation ou de mur porteur, les solutions deviennent structurelles : agrafage, injection, renforcement, voire reprise en sous-œuvre. Dans ce cas, réparer une fissure sans diagnostic revient à traiter le symptôme et non la cause. L’objectif est de réparer les fissures durablement, en sécurisant la structure de la maison.

Face à une fissure mur, gardez une ligne de conduite simple : observer, mesurer, comprendre. La plupart des microfissures restent sans danger et se traitent facilement. Mais certaines fissures, notamment celles qui dépassent 2 mm, les fissures en escalier, ou toute fissure traversante, justifient une vigilance accrue et un avis professionnel.

En adoptant les bons réflexes (les surveiller, documenter, éviter de reboucher une fissure trop tôt), vous mettez toutes les chances de votre côté pour protéger votre habitation, préserver la valeur de votre bien et engager la réparation de fissures adaptée, au bon moment.

FAQs

Q1. Comment identifier une fissure potentiellement dangereuse dans un mur ?

Une fissure dangereuse est souvent plus large que 2 mm, traversante (visible des deux côtés), ou en fissure en escalier. Une évolution rapide, l’apparition de fissures sur les murs supplémentaires, des craquements, ou de l’humidité associée sont aussi des signaux d’alerte.

Q2. Quelles sont les principales causes des fissures sur les murs ?

Les fissures peuvent venir du tassement naturel, du retrait-gonflement des argiles sur sol argileux, de problèmes de fondation, de variations thermiques, d’humidité ou de défauts de construction. Les sécheresses répétées peuvent accentuer l’apparition de fissures, notamment sur la façade.

Q3. Que faire si vous constatez une fissure inquiétante dans une maison ?

Si vous constatez une fissure inquiétante, évitez de reboucher une fissure immédiatement. Installez plutôt des témoins en plâtre ou un fissuromètre pour évaluer l’évolution. Si la fissure dépasse 2 mm, si la fissure est profonde, traversante ou en escalier, vous pouvez faire appel à un expert en bâtiment.

Q4. L’assurance habitation couvre-t-elle les fissures dans la maison ?

En cas de catastrophe naturelle reconnue (par exemple liée à la sécheresse), l’assurance habitation peut intervenir. Le texte de base précise un délai de 10 jours après la publication de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer le sinistre, ainsi qu’une franchise légale de 1 520 €.

Q5. Existe-t-il des aides pour les réparer quand il y a fissure dans une maison ?

Le texte fourni mentionne une aide expérimentale pouvant atteindre 15 000 € dans certains départements, avec une prise en charge pouvant aller jusqu’à 90 % du diagnostic de vulnérabilité et 80 % des travaux, notamment pour les mouvements de terrain différentiels. Les conditions pouvant varier, il est recommandé de vérifier l’éligibilité selon votre cas de fissure.

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